UPDATE 23/02/11 : D’après les infos de la DEAL (un machin qui s’occupe d’environnement) le taux élevé de particules serait dû aux embruns qui, saturés de sel feraient monter les taux. La DEAL reste néammoins incapable de prouver cette affirmation. On notera qu’il aura fallu un tintamarre médiatique, une plainte de l’Union Européenne et un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé pour qu’enfin, on soit informé. Ce qui est écrit ci dessous reste donc à certains égards, on ne peut plus vrai, même si les données concernant la pollution sont (heureusement) à nuancer.
En y réfléchissant c’est logique. On ne peut pas passer sa vie dans les embouteillages et croire qu’on est à l’abri de la pollution. Sauf que l’imaginaire collectif, récemment dopé par le classement au patrimoine mondial de l’Unesco se fait une toute autre idée de la réalité dans laquelle nous vivons.
L’Unesco est une bonne came. Un classement au patrimoine mondial, et voilà qu’on se met à planer, à rêver de touristes qui jettent des liasses de billets en l’air, à penser qu’on habite l’île de Robinson Crusoë, à croire qu’être distingué par une bureaucratie internationale peut effacer quatre siècles de laisser-aller.
La réalité nous rattrape vite : même dans ce foutu Parc National on est bien souvent pare-choc contre pare-choc, et à 10 kilomètres à vol d’oiseau, nos clims polluent assez pour qu’il n’y en ait plus d’oiseaux, justement.
La piqûre de rappel de l’UE est douloureuse mais elle amène à se poser une question. La Réunion fait donc partie des agglomérations qui ont dépassé 35 fois le seuil d’alerte pour les particules en suspensions.
Naïvement, on pourrait penser qu’un seuil d’alterte était le moment ou le public était prévenu. Je n’en ai pas le souvenir. Peut-être une fois ou deux à cause du volcan et c’est tout.
35 fois et nous n’étions pas au courant. Pourquoi ? Bonne question. Mais la vraie question serait plutôt : sur qui compter ?
Les médias, sont occupés à chasser le dernier coup de sabre et les candidats pour lesquels nous ne voterons pas aux élections.
Les machins durables, publics ou semi-publics, eux, préparent une semaine de promotion pour des pistes cyclables où un kamikaze japonais ne s’aventurerait pas et pour des bus qui n’arrivent pas à l’heure.
Reste un espoir : l’ORA (Observatoire Réunionnais de l’air). Déception. Pas une info sur leur site. Juste des mesures en temps réel et un historique des alertes qui s’arrête il y a deux ans.
Vivement que l’Europe porte à nouveau plainte sur ce qui cloche, que je sache ce qui se passe en bas de chez moi.
Sources : Le Parisien : La France pollue trop son air et RTL : Pollution : la France dans le collimateur de l’UE



